
Petits bateaux de pêche : majoritaires, mais pas automatiquement durables
Au 1er septembre 2025, 86 % des navires de pêche français actifs mesurent moins de 12 mètres. Leur taille ne suffit pourtant pas à juger leurs pratiques.
Au 1er septembre 2025, le ministère chargé de la Mer et de la Pêche comptait 5 986 navires de pêche français actifs dans le fichier de la flotte de l’Union européenne. Parmi eux, 86 % mesuraient moins de douze mètres. Le même rapport classe 84 % de la flotte dans la « petite pêche », définie par des marées de moins de vingt-quatre heures — sans pour autant établir un retour à quai chaque matin.
Petite taille ne signifie pas méthode unique : pour 2024, le rapport répartit les navires français entre environ un tiers d’arts traînants et deux tiers d’arts dormants. Il décrit aussi une flotte vieillissante, âgée de trente ans en moyenne, et souligne que les variations du coût de l’énergie peuvent menacer la pérennité des entreprises de pêche. Ces constats portent sur l’ensemble de la flotte ; ils ne démontrent pas, à eux seuls, une baisse des effectifs de marins, ses causes ou les difficultés de transmission des petits bateaux.
Poiscaille présente son propre service comme un abonnement à des produits issus de la pêche du jour, récupérés dans des commerces de proximité. L’entreprise affiche parmi ses engagements des navires de moins de douze mètres, des sorties à la journée et l’absence de chalut et de drague. Ces déclarations décrivent le cahier des charges de Poiscaille, pas l’ensemble de la petite pêche française ; elles ne suffisent pas non plus à prouver une amélioration générale de la rémunération. L’affirmation sur des criées bretonnes et normandes ouvertes au public est donc retirée faute de source primaire précise.
La nuance est nécessaire : « artisanal » ne signifie pas automatiquement « durable ». L’Office français de la biodiversité rappelle que certaines pratiques peuvent abraser les fonds ou remettre les sédiments en suspension. Pour choisir un produit de la mer, l’OFB recommande notamment de regarder l’espèce, la saison, l’origine, la zone et la méthode de pêche. Le gabarit du navire n’est donc qu’une information parmi d’autres.
La petite taille change l’échelle ; la durabilité dépend aussi de ce qui est pêché, où, quand et comment.
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